Quatrains

Rien n’y fait je reste sans cesse plombé au ciel
Prisonnier d’un éclair qui ne pourra s’extraire
Je voltige incapable de trouver le soleil
Ce veinard dont les rayons viennent frapper la terre


Elle ne marche pas encore, se lève et pourtant
Semble éclore à la lueur de ce maudit printemps
Cette année comme les morts, les bourgeons ont de l’avance
Et elle, ma fille, la fleur au corps, elle danse


La neige en Californie n’a pas fait fondre la poudre
Depuis que la foudre a frappé le chemin des Dames
Sur ce plateau plus piqueté d’obus qu’un dé à coudre
Le sang a figé l’Histoire tel un macadam de drames


A trop mélanger les torchons et les serviettes
Tout le monde va finir par se salir les mains
On pense à chaud comme on chie sur la cuvette
Les pieds ne touchant terre; l’homme est devenu nain


Les arbres ce matin ont sorti leurs tenues de cristal
Que pourraient jalouser les dieux
Pendant que les cœurs d’ados tristes calent
Devant le fait qu’il va falloir faire ses adieux


La vie est un fruit qui finira par pourrir
Si l’on ne prend pas le temps de la déguster
Pardonnez nous qu’elle nous serve pou rire
Effleurant le péché, nous les vers incrustés


Un cerveau humain, c’est comme une bonne glace
Il fond dès qu’on lui lèche de trop près les idées
Si ce monde est devenu si dégueulasse
C’est que la boue a fini par dégouliner


Belle des fleurs mauves
Et des verts émeraude
Elle a la faveur des fauves
De leur âme quand ils rodent


Je ne suis pas un valentin
Qui va aujourd’hui exprimer son amour
N’étant pas un morne pantin
J’ai besoin de toute une vie et pas d ‘un seul jour


Quand la fatigue tombe mais que le somme nie
Rie de pleine lune et que la sonnerie
Te fera l’effet d’une bombe
sous la dune de ton insomnie


Les lumières incendières
Des premières lueurs de l’aube
Tâchent les souvenirs d’hier
Comme du vin rouge sur sa robe


Au pays ou les couples s’appellent amoré
S’écoulent des jours paisibles ou j’aurais
Envie d’etre libre rien qu’avec mon amour
Et lui donner une nom qu’elle seule savoure


Les campeurs le matin sont vraiment dégueulasses
Aux chiottes ils laissent leur merde et leur pisse trainer
Sans peur ils vont ensuite s’admirer devant la glace
J’aimerais qu’elle les leur projette sur leur visage d’acné


Replonge dans « Les paradis artificiels »
Ou s’allongent les nez des teneurs de ficelle
Qu’aurais bien pensé Baudelaire de Gepetto
En le lisant, je me dis que j’espère trop…


Bonheur, reste bien planqué dans ta cachette
Je te cherche le doigt posé sur la gachette
Je n’aurais aucune pitié vieux mercenaire
Je te tuerai pour me faire vomir ces nerfs


Montreuil et son PMU rempli de maliens
Mon oeil que certains y fassent les malins
De jouer leur survie selon la bonne fortune
Dans ce hasard mondial ou les plus forts tuent


A trop chercher leurs confidences
Et vouloir leur montrer du respect
On oublie que quand les filles dansent
Un moins con est la pour les attrapper


Sous un tel temps que l’on pourrait qualifier de merde
Comme si les nuages faisaient sempiternellement pipi
Je me souviens que petit? avec l’aide d’un beau cèdre
On s’inventait de belles cabanes ou meme des tipis


Les mouches en Sicile sont vraiment tres méfiantes
Mon corp leur semble aussi doux que de la fiente
Quoi de plus ridicules, insignifiantes et pourtant
Elles sont pour ma sieste un virus omnipotent


Elle est belle cette frontière entre deux univers
Peut etre est ce une main tremblante qui la dessine?
Est elle si finement ciselée en hiver?
Les vagues sont des peintres qui maquillent les plus jolis signes


Il est un labeur ou l’on se lève aux aurores
pour se retrouver à errer dans un charnier
Drôle d’enfer ou derrière la métaphore dort
Une complainte désuète d’un charme niais


A l’horizon, par delà la falaise
Je cerne la torpeur de Syracuse
Au Marigio, je me sens bien à l’aise
Comme un empereur que les sbires accusent


Comme porté par des cycles
Je me sens porté par la vague
Nul besoin de musique classique
Ou de portées, je divague


Le soleil au zénith m’écrase de fatigue
Pourtant zen et vite j’attrape une figue
Je la croque et son jus aspire ma sécheresse
Oh comme j’aurais voulu que tu sois le fruit que je presse


Mon costume de bronzage
Ombré par un touffu pelage
Ne me protège ni de chaleur
Ni de ton absence dans mon coeur


Pendant que les italiens portent des slips moulants
Et se couvrent de ridicule, passent roucoulantes
Des italiennes qui les rentrent dans leurs fesses
Oh belles couronnes callipyges de princesses


La langue italienne est un vrai délice
Elle s’allonge d’expressions délicates
Légère comme portée par des hélices
Ou ces bulles de savon que tu éclates


Pourquoi j’apprécie autant les sportifs?
L’individu vit par le collectif
Puis à l’illusion du nous, je, tu, elle
Ils inondent le monde de jeux virtuels


Le groupe permet de se protéger d’autrui
La solitude? Un boulier peu efficace
L’isolement, un ressort pour faire le tri
Et que je me sente au mieux sur ma case


Tout retour n’amène pas au point de départ
Tout évolue et nous revenons différents
Que ce soit pour les hommes ou les léopards
L’âme nomade nous transforme en torrent


Les enfants font des coucous au train
Rigolant des signes émis en retour
Ma seule réaction se résout à rien
Amorphe comme la cible d’un vautour


Mon ventre dessine quelques vagues
Et je sens venir les grandes marées
Tant qu’elles ne déposent pas des algues
Mon transit reste solidement amarré

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